Vendredi 4 septembre 2009
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Une dénomination barbare ou rébarbative pour une institution originale ou du moins étonnante : ReDéMaRe. Entendez par ce sigle Réseau pour le Développement de la Masse sans Ressource. Les
premières informations que vous aurez des activités de cette structure vous apparaîtront comme des rumeurs sans fondement au relent d'escroquerie massive. Mais ReDéMarRe existe bel et bien au
Togo, jouit de surcroît du statut envié de Société Anonyme et dispose d'un "manifeste" qui condense toutes les idées des promoteurs et toutes les informations relevant de ses objectifs et
stratégies.
Une société avec son "manifeste"; l'idée n'est pas complaisante; c'est à voir de près , un moyen destiné à convaincre les dubitatifs vue que les actions du réseaux présentent un caractère
inédit pour la masse populaire dont l'aversion pour le risque se justifie d'autant plus que les arnaques sont fréquentes dans le système des IMF(1) et compagnies. Le document est intitulé L'identité ReDéMaRe (SA). Il est publié à dessein pour faire en sorte
que les adhérents -ou les associés -puissent s'imprégner d'un imbroglio d'idées où les velléités communiste, socialiste ou capitaliste s'entremêlent.
Cette entreprise s'est fixé un objectif principal consistant à tirer bénéfice de la réalisation de
l'enrichissement collectif et du bien être social. Elle compte sur des investissements provenant de toutes les échelles sociales. Pour attirer ses adhérents, elle promet une juste et équitable
répartition des fruits du brassage de leurs investissements en nature et en espèce. Argent, titres, biens et compétences peuvent y être investis librement.
Là où le mercantilisme prend le dessus, c'est au niveau du calcul du profit dégagé pour chaque membre. Dans leur première
phase de démarrage la société distribue déjà à ses nombreux adhérents des vivres contre un déposit d'une certaine somme et cela pour une période minimale de 3 mois. Mais, pour l'instant ceux-ci ne disposent d'aucun moyen pour vérifier l'équitabilité du partage de profit ou la justesse des avantages attribués aux membres. Il y a
manifestement un problème de transparence si les opérateurs de cette affaire doivent être seuls à connaître les coûts d'achat ou d'acquisition des biens et vivres distribués. Une chose est sûre,
les adhérents ont déjà fait leur calcul : payer un certain montant pour voir le panier du ménage se remplir à chaque fin du mois est une réponse à la préoccupation quotidienne de beaucoup
de Togolais qui consiste à se demander : Que faire pour avoir sa ration journalière? Dans la foulée, beaucoup d'informations se propagent à Lomé concernant de nombreuses offres dont la prise en
charge par la société des loyers des adhérents.
La société a été repérée dans les milieux d'affaire, et notamment au près des opérateurs économiques, négociant âprement
la mise en route d'un système qui permettrait aux importateurs de produits agro-alimentaires de contribuer aux actions de l'entreprise en lui fournissant des marchandises à un prix
préférentiel. La société nourrit aussi l'ambition de créer à l'avenir un technopole où fonctionneraient des
entreprises et des usines de production. Elle envisage à moyen terme une internationalisation de son système d'affaire qui aurait déjà fait l'objet
d'un dépôt de brevet.
De toute évidence, la lecture du "manifeste" vous donne l'impression d'avoir affaire à une entreprise panacée qui s'engage à
tout faire dans toutes les dimensions de l'homme. Les activités de l'organisation sont basées sur une philosophie collectiviste caractérisée par la propriété commune des ressources,
des moyens de production et du produits. Karl Marx se réjouirait dans sa tombe car malgré le temps qui passe et la vulgarisation du capitalisme, ses idées sont vivaces surtout dans les pays
où règnent la pauvreté et la mal gouvernance. ReDéMaRe apparaît en définitive comme une structure charnière entre l'assurance ou la sécurité sociale, le développement à la base et le
business. Une telle structure, pour se couvrir des risques de son aventure- aventure non pas forcément vouée à l'échec, doit s'assurer elle même. Mais en ce temps de crise, cette démarche est à
tout point de vue difficile à faire aboutir.
Ce qu'il faut retenir pour l'instant, les initiateurs ont de la jugeote, l'ambition et l'appétence à l'acte. Cependant le doute persiste sur les garanties de fiabilité et de viabilité
de leur entreprise. Une entreprise peut- elle allier collectivisme et capitalisme sans faire long feu? Aux économistes de répondre à cette interrogation pour éclairer l'opinion sur la
crédibilité de cette affaire qui se passe de commentaire à Lomé.
IMF :Institution de Micro Finance
Par Wahab
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Publié dans : Entreprise
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