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Voici quelques mois que les autorités togolaises ont décidé de dégager les voies publiques. Depuis la  destruction des petits commerces de la ville de Lomé et ses périphéries continue sous le dehors d'une certaine politique d'assainissement. Mais ce qui est ahurissant, c'est l'exécution sans une importante action de communication à la base et sans souci (apparemment) vis à vis des terribles difficultés auxquelles les petits commerçants s'exposent. L'exécution de se projet légitime ne devrait pas se faire sans préalables en terme de mesures d'accompagnement. Il fallait aménager les petits marchés existants où les étalages se disputent âprement les espaces et en créer d'autres dans les quartiers pour pouvoir recaser ou regrouper les commerçants qui font leurs affaires sur les domaines de l'Etat. 

La ville de Lomé compte à peu près 2 grands centres d'affaires totalement congestionnés et où les tarifs des loyers exorbitants ne laissent nulle place pour de petits commerces. Aujourd'hui le loyer mensuel des magasins ou boutiques du marché d'Adawlato n'est pas à moins de 130 000 FCFA. La cherté du loyer et la sordide concurrence par les prix qui entrainent inexorablement les activités du commerçant dans un schémas baissier, ne permettent que la réalisation de faibles marges bénéficiaires. La conséquence : le commerçant est obligé de fermer son commerce après avoir utilisé son capital d'affaire pour payer non seulement le loyer mais aussi des impôts et des taxes communales de toutes sortes.

Le génie commercial du togolais et sa volonté de survivre à la misère sociale et économique pernicieuse le contraignent aujourd'hui à incruster dans le plan de construction de son domicile une boutique, un magasin, un restaurant, café, une gargote, une buvette... Ce qui est d'ailleurs à l'origine de la montée des prix des immeubles situés sur les grandes voies . Ce phénomène a fait ainsi naître de nombreuses rues commerciales à tel point qu'on pourrait dire que le commerce se domestique de plus en plus dans la capitale togolaise.

Les salaires au Togo demeurent bas malgré les revendications des syndicats de travailleurs. Cette situation pousse les travailleurs du secteur privé et voire les fonctionnaires de l'Etat , dans l'intention de se prémunir contre toute surprise dans la gestion du budget familial, à initier des activités commerciales à domicile ou sur les rues.

Évidement ces petits commerces nourrissent leurs promoteurs même s'ils ne permettent pas l'engrangement de gros bénéfices. Ils sont une solution au chômage des togolais et surtout de la gente féminine exposée à la discrimination au recrutement dans les secteurs publics et privés et à la prostitution. Ils ont également un impact positif sur l'économie nationale togolaise grâce à la collecte des impôts.

Face à la démolition des commerces et l'expulsion des commerçants des domaines de l'Etat , je me pose la question de savoir si les autorités togolaises ont eu le temps de prendre la mesure des dégâts que cela va occasionner. Ne valait-il pas mieux de réfléchir sur les impacts socio-économiques de cette opération ? A l'heure actuelle, il n'y a aucun signe tangible du déploiement des mesures d'accompagnement issues des études d'impact. Cependant la ville continue sa toilette  et tout porte à croire qu'elle aura fort à faire avec les dégâts collatéraux de l'offensive des bulldozers.

Tag(s) : #Actualité

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