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http://www.izf.net/upload/BRVM/logo_brvm.gifLa bourse, une institution existant depuis le 12 e siècle suscite toujours une peur bleue en Afrique. Voilà ce que j'ai pu comprendre en visitant les sites de bourses en général et ceux d'Afrique en particulier. Loin de blâmer les africains, j'ai toujours tenté de comprendre et accepté la phobie des africains vis-à-vis de la bourse. Car ma perception de la bourse  n'est pas loin de la leur. Moi personnellement j'avoue en avoir une trouille même rien qu'en jouant sur la plate-forme démonstrative de la Cimbank. Il parait qu'on peut s'y faire de l'argent en se vautrant dans son fauteuil et en passant des ordres à coup de clics ou par fax pour acheter et/ou vendre des devises ou des actions. J'ai suivi des webinaires sur  le trading en bourse pour comprendre comment les virtuoses du trading  gagnaient ou perdaient comme Jérome Kerviel. J'ai constaté la facilité avec laquelle on pourrait perdre des millions comme dans une machine à sous. J'avoue personnellement ne pas encore arrivé à cramer mon compte de démonstration de 50.000 dollars à Cimbank en l'utilisant avec parcimonie. Mais à chaque fois que joue, je perds mes dollars fictifs tout en ayant la même peur  et les mêmes sensations qui m'animent lors que je dépense mon dernier "sous" dans mon quotidien.

 L'accès à la bourse n'est pas difficile. Il suffit d'ouvrir un compte à la SGI, (Société de Gestion et d'Intermédiation), intermédiaire  en courtage pour la BRVM (Bourse Régionale des Valeurs Mobilières)  de l'UEMOA (Union Economique Monétaire Ouest Africaine), pour devenir donneur d'ordre. Retenez le bien; vous n'êtes qu'un donneur d'ordre. Le véritable trader avec la BRVM, c'est la SGI qui reçoit vos ordres, les exécutes et de cet fait débite ou crédite votre compte selon que vous perdez ou gagnez.  J'ai un ami qui est vraiment intéressé par  la chose. Il a commencé à boursicoter sur la BRVM. Il parait qu'il s'en fait parfois. Mais s'il perd, je ne crois pas qu'il sera de bonne foi pour me le dire!! Car en Afrique la participation aux jeux de hasard n'est pas bien vue. Par conséquent on perçoit d'éventuels(les) échecs ou pertes comme le résultat d'une passion incorrecte.
 
 Pourquoi n'en parle-t-on pas en Afrique alors qu'on aime miser ses petits sous dans le loto benz, loto sport (national) et pmu (international). C'est simple; la bourse est lointaine et qui plus est, il n'y as pas de sous à perdre en Afrique compte tenu de la pauvreté ambiante et le caractère précaire de l'environnement des affaires hérité de la faiblesse de nos économies. La bourse en réalité est perçue comme un jeu de hasard en Afrique. Je crois qu'on en parle moins à l'université. C'est pourquoi la plupart de nos gestionnaires, économistes et financiers y perdent leur latin. Même si on en parlait suffisamment, on n'aura pas assez de "joueurs" (c'est mon opinion). 

Les banques recrutent les meilleurs gestionnaires, financiers mais eux aussi n'en prennent pas le risque. La boursophobie des banquiers est justifiée car les banques font leurs business à flux tendu. De surcroît, les banquiers, il faut le signaler, ont eux aussi leurs traders. Ce sont des cambistes du marché noir. Avec eux ils sont assurés de ne pas perdre puisque ce sont de véritables day traders : ils clôturent toujours gagnants. Il n'y a pas d'analyse technique à faire. Pas d'intermédiaire à payer par des commissions. On échange du cash après avoir passé à la calculette. Le spread est empoché au dépend de l'institution bancaire.

La boursophobie, c'est aussi une question de mentalité: pour nous africains, il n'est pas question  de jouer (badiner) avec de grosses sommes d'argent. On aime les jeux aux petites mises. On mise peu, mais on peut vouloir gagner gros.  Jouer en bourse me parait comme s'engager sur un toboggan. On glisse sur la pente et on se retrouve au bas du dispositif. On ne remonte pas par la pente. On se remet tout simplement en jeu par la partie la plus élevée et on glisse à nouveau de façon amusante. C'est vraiment amusant de perdre et gagner à tout hasard surtout avec une certaine passion. J'en discutais avec un homme d'affaire qui en avait suffisamment pour accepter essayer ce jeu à la  «roulette russe ». Il m'a expliqué que pour lui cela avait les aspects d'un jeu orchestré dont quelqu'un savait les tenants et les aboutissants. Ainsi pour lui ce n'est même pas un jeu de hasard, c'est un jeu guidé. On vous ferra gagner ou perdre à souhait et à volonté. Je me souviens avoir entendu un commentaire semblable au sujet de la machine à sous. Il n'a pas totalement tort car la bourse est aussi sensible à la communication ou alors aux rumeurs : il suffit qu'on manipule les chiffres du chômage aux USA dans un sens ou l'autre pour observer  une effervescence sur les marchés. Un événement mondial  est capable de faire emballer les marchés. Par conséquent la contingence et la nécessité sont prépondérantes dans le comportement de la bourse.

Il me semble que l'Afrique est naturellement ou sciemment déconnectée de la mondialisation économique pour  que les autres puissent faire tranquillement leur chemin vers des progrès économiques et financiers (c'est mon opinion): nos guerres, notre chômage inquiètent moins les marchés boursiers. Quand les rebelles du Nigeria attaquent les oléoducs ou les pipe-lines, cela est presque indolore au marché boursier. Cependant quand les marché financiers occidentaux et asiatiques ont des ennuis, les petites bourses africaines (excepté la bourse sud africaine Johannesbourg (JSE)) prennent la fièvre en douce. La crises des subprimes, a-t-on dit , n' a pas touché l'Afrique. Mais en réalité elle a touché les petits marchés boursiers africains qui se contentent actuellement de faire la résistance tout simplement!  Puisque que les investissements en bourse se sont automatiquement ralentis.  Au BRVM les démarches en vu d'emmener les Etats à souscrire les entreprises publiques ne vont facilement pas aboutir à cause de la boursophobie qui  s'empare de tous les milieux d'affaire.

 Par ailleurs, n'investit pas en bourse qui veut mais plutôt celui qui sais gérer l'argent,  lire les chroniques et prendre de décision selon que les chroniques sont affectées d'une tendance ou non (la fameuse stochastique).  La bourse est aussi un marché. Vous y allez avec vos "sous" pour acheter et revendre les devises : dans cette transaction vous gagnez ou perdez; c'est la loi.  Deux types de trading:  trading sur les titres financiers (les actions et leurs dérivés) et le trading sur les devises. Je sais que beaucoup de personnes en Afrique ne s'intéressent pas à ce qu'on appel CAC 40, Dow Djown, Nasdaq ...sauf au Nigéria  au maghreb et surtout en Afrique du sud où il y a une chaîne de télévision consacrée aux échanges économiques et à la bourse en particulier. On zappe chez nous les CNN, Euronews, quand les informations économiques sont diffusées en boucle. On y comprend rien. C'est  un truc pour les blancs! C'est sans intérêt alors qu'aujourd'hui( je caricature en paraphrasant la recommandation de la Grande Royale de C A Kane dans l'Aventure ambiguë ) il nous faut aussi apprendre à gagner de l'argent sans avoir rien produit.

La boursophobie règne en Afrique, pourtant tout n'est pas fatal en bourse; sauf les investissements faits sur  les coups de tête.
Des heureux gagnants en bourse, on en voit; les malchanceux aussi. Les moins fortunés peuvent y faire des transactions. Car en bourse on dispose d'un effet de levier qui  permet de miser des montants supérieurs à son capital (l'effet de levier fonctionne comme un couteau à double tranchant bien entendu). C'est à dire  il permet  de se positionner  pour un montant supérieur au capital au risque de perdre son capital d'un seul coup si ça pète! Il faut donc gérer les risques de perte en limitant la perte à un montant acceptable et raisonnable par trade.  C'est un peu comme à la machine à sous, je gagne 500 euros par mois comme salaire. Alors je réserve 100 euros/mois pour la machine à sous. J'ai l'habitude de jouer un jour tous les week end. Je jouerai alors 4 fois par mois. J'accepterai de perdre 25 euros chaque week end. Mais là il n'y a pas d'effet de levier. Vous  arrêtez de jouer après avoir épuisé les 25 euros prévus si vous êtes fidèle à votre principe.  L'essentiel en bourse consiste à savoir faire des transactions! C'est dire qu'en bourse, on ne joue pas comme au loto ou à la machine à sous, mais on fait des transaction pour faire les plus-values et gagner du profit.

Faut-il soutenir la culture boursière en Afrique?Je suis favorable à la diffusion de la culture boursière. Il faut des écoles ou des filères hautement qualifiantes pour apprendre les jeunes africains à faire le trading, à aller sur les grands marchés financiers pour rapporter à nos banques et entreprises de l'argent frais.

 

Tag(s) : #Expérience

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